08/03/2012

spots walons / proverbes & expressions en langue wallonne (sûte / suite)

200     

cote

Èle ritrosse pus aujîmint sès cotes qui d' lès ristinde.

T.  L.  Elle retrousse plus facilement ses jupes que de les repasser.

Se dit d'une femme qui s'adonne plus volontiers aux plaisirs de l'amour qu'aux travaux du ménage. S'

 

201     

cote

Tapè s' cote su l' aye.

T. L. Jeter la jupe sur la haie. C'est se défroquer.

 

202     

coucou

coucou

Il èst come li coucou,

Il a pus d' lin.we qui d' cou.

T. L. Il est comme le coucou

II a plus de langue que de cul.

Se dit de quelqu'un qui se vante facilement.

 

203     

coude

CUEILLIR

Il a stî coudu vèt'.

T. L. Il a été cueilli vert.

Se dit de quelqu'un qui est quelque peu simplet.

 

204     

cougne

ALLURE

N' awè ni cougne,  ni touche.

T. L. N'avoir ni allure, ni présentation.

Se dit de quelqu'un qui n'a pas d'allure comme aussi à propos d'un travail mal exécuté.

= N' awè pont d' cougne.

 

205     

couru

COURIR

I faut lèyi couru lès pus prèssès.

T. L. Il faut laisser courir les plus pressés.

Il  faut  réfléchir avant de faire une chose, et laisser faire les impatients.

Ne pas agir à la légère.

 

206     

couru

Li ci qui n' sét couru, qu' i rote.

T. L. Celui qui ne sait courir, qu'il marche.

Il faut se contenter de faire ce que l'on peut.

 

207     

coutchi

COUCHER

I n' si faut nin disbyi d'vant d' alè coûtchi.

cf. - disbiyi 302.

 

208     

coutchi

Alè coûtchi avou lès poyes.

T. L. Aller coucher avec les poules.

C'est aller se coucher de fort bonne heure.

 

209     

coutia

COUTEAU

On lî a mètu l' coutia su l' gwadje (= su s' gosî).

T. L. On lui a mis le couteau sur la gorge.

C'est déterminer quelqu'un, sous l'influence d'une me­nace, à faire ce qu'il ne voudrait pas.

 

210     

couviète

COUVERCLE

I gn-a nu si laîde marmite qui n' trouve si couviète.

cf. - marmite 517.

 

211      

couye

TESTICULE

Mostrè qu' on-a dès couyes à s' cu.

T. L. Montrer qu'on a des testicules au cul.

C'est faire montre de témérité, d'audace.

 

NB Aussi: Ligne èt couye.

= Ti m'as v'lu ataker mins dji t' a rèspondu.

 

212     

crama

CRÉMAILLÈRE

Pinde li crama.

T. L. Pendre la crémaillère.

C'est donner un repas pour fêter son installation dans un nouveau logement.

 

213     

crama

Li crama loume voltî l'tchôdîre : nwâr cu.

T. L. La crémaillère appelle volontiers la chaudière : noir cul.

Se dit de quelqu'un qui n'étant pas sans reproches se complaît à mépriser, calomnier les autres.

 

214     

crama

C' èst todi l' tchôdron qui loume li crama : «nwâr cu».

cf. - tchaudron 869.

 

215      

craus

GRAS

I n' faut nin todi touwè ç' qu' èst craus (= touwè tot ç' qu' èst craus).

cf. - touwè 952.

 

216     

craus

Il èst craus come one èrièsse.

T. L. Il est gras comme une arête (de poisson).

Se dit pour marquer ironiquement un état de maigreur excessive.

 

217     

crèche

CROÎTRE

Lès mwaîjès-ièbes créchèt voltî.

T. L. Les mauvaises herbes croissent volontiers.

Se dit ironiquement d'un enfant qui grandit très rapi­dement.

 

218     

crèche

Crèche come lès quèwes di vatche,  après têre.

T. L. Croître comme les queues de vache, vers la terre.

C'est vieillir, commencer à se courber sous le poids des années.

 

219     

crèdit

CRÉDIT

Crédit èst mwârt, mwaîje-paye l' a touwè.

T. L. Crédit est mort, mauvaise paie l'a tué.

Se dit à quelqu'un à qui on ne veut plus vendre à crédit.

 

220     

crosse

CROSSE

Ièsse à sès crosses.

T. L. Etre à ses croûtes.

Vivre à ses dépens. Vivre du fruit de son propre travail. Séparer ses intérêts de ceux de ses proches.

 

221      

crosse

Fè mougni dès crosses di doréye.

T. L. Faire manger des croûtes de tarte.

Se dit quand on prend quelqu'un par le menton, entre le pouce et l'index, et qu'on serre et relâche alternativement, ceci se fait surtout pour amuser les petits enfants.

 

222     

crossète

BÉQUILLE

I 'nn'îrè à crossète, qui s' pére dimanderè co èwou-ce qu' on danse.

T. L. Il marchera à l'aide de béquille, alors que son père demandera encore où l'on danse.

Se dit d'un jeune homme délicat de santé alors que son père est fort et robuste.

 

223     

crote

CROTTE

Fè dès crotes tos costès.

T. L. Faire des crottes tous côtés.

C'est contracter des dettes partout.

 

224     

crôye

CRAIE

Alè à l' crôye.

T. L. Aller à la craie.

C'est acheter à crédit. Variante   :

Alè à l' ârdwèse.

T. L. Aller à l'ardoise.

 

225     

crwâre

CROIRE

I vaut mia I' crwâre qui do-z-î alè veûy.

T. L. Il vaut mieux le croire que d'y aller voir. Se dit à propos d'un sujet à caution.

 

226     

crwès

CROIX

Fè one crwès d'ssus.

T. L. Faire une croix dessus.

C'est se résoudre à renoncer à quelque chose. Passer à pertes et profits.

C'est aussi pardonner.

 

227     

crwès

I gn'a dès crwès po tortos.            

T. L. Il y a des croix pour tous.

Il n'y a personne qui n'ait ses afflictions particulières.

= I gn-a one crwès po chake maujone.

T.L. Il y a une croix pour chaque maison.

 

228     

cu

CUL

S' alè mète li cu (dins l'/) o bûre.

cf. - bure 126.

 

229     

cu

Alè cu d'zeûs,  cu d'zos.

T. L. Aller cul dessus, cul dessous.

Se dit d'une entreprise qui périclite ; d'une situation où tout va mal.

 

230     

cu

Toûnè à cu d' poyon.

T. L. Tourner à cul de poussin. Péricliter, aller à vau-l'eau.

 

231      

cu

I s' a faît sinte (si cu).

T. L. Il s'est fait sentir le cul.

Se dit de quelqu'un  qui  s'est  laissé tromper,  qui  a trouvé plus malin ou plus adroit que lui.

 

232     

cu

I n' faut nin r'noyi s' cu por one vèsse.

T. L. Il ne faut pas renier son cul pour une vesse.

On ne doit pas laisser tomber les bras de décourage­ment pour une futilité ou une petite contrariété.

Signifie aussi qu'il faut avoir le courage d'avaliser ses actes.

 

233     

cu

Ça pind au cu da tortos.

T. L. Cela pend au cul de tous.

Les malheurs, les déconvenues ne sont pas l'apanage des uns, ils peuvent aussi frapper les autres.

Variante : Ça pind au nez da tortos.

T. L. Cela pend au nez de tous.

 

234     

cu

Piède si cu à miètes.

T. L. Perdre son cul à miettes.

C'est désirer ardemment quelque chose, s'impatienter dans l'attente d'une satisfaction.

 

235     

cu

I pièdreut s' cu s' i n' têreûve nin si fwârt.

T. L. Il perdrait son cul s'il ne tenait pas si fort.

Se dit de quelqu'un fort distrait, mais aussi de celui qui a peu de soin de ce qu'il a et qui n'a pas d'ordre.

= Si s' cu n' têreûve nin, i l' pièdreûve.

 

236     

cu

Tôt lî vint au eu sins boutè.

T. L. Tout lui vient au cul sans pousser.

Se dit de quelqu'un qui est favorisé par la chance, à qui tout sourit.

Se dit aussi de quelqu'un qui s'exprime aisément, sans difficultés ; de quelqu'un qui étudie facilement.

 

237     

cu

Il aureut one banse à s' cu qu' i tchîreut co à costè.

T. L. Il aurait une manne à son cul qu'il foierait encore à côté.

Se dit parfois de quelqu'un qui manque d'ordre, qui est malpropre.

S'emploie  plus  généralement  pour souligner  la  mal­chance, le manque de réussite de quelqu'un.

 

238     

cu

N' awè ni cu, ni tièsse.

T. L. N'avoir ni cul, ni tête.

Se dit d'un discours décousu, d'une chose mal faite, dépourvue de signification, incohérente.

 

239     

cu

Si lève l' cu d'vant.

T. L. Se lever le cul devant.

C'est n'être pas de bonne humeur, être désagréable envers autrui.

 

240     

cu

Bauje mi cu, gn-a do l' laume dissus.

T. L. Baise mon cul, il y a du miel dessus.

Se dit pour se débarrasser de quelqu'un qui ne cesse d'importuner.

 

241      

cu

Alè broyi s' cu su lès-ièbes.

T. L. Aller frotter vigoureusement son cul sur les herbes.

Se dit en parlant de quelqu'un qui va de déception en déception et à qui il ne reste qu'une hypothétique conso­lation.

 

242     

cu

Awè one broke à s' cu.

T. L. Avoir une broche à son cul.

C'est subir une déception, ne pas pouvoir atteindre l'objectif convoité.

 

243     

cu

Si t' n'as rin d' pus tchôd à t' cu, ti n' aurès pont d' clotchètes.

T. L. Si tu n'as rien de plus chaud à ton cul, tu n'auras pas de clochettes.

Se dit à quelqu'un qui se berce d'illusions.

 

244     

cu

C' èst l'trau di m' cu abiyi à sôdâr.

T. L. C'est le trou de mon cul habillé à soldat.

Se dit pour définir une absurdité, une chose totalement impensable.

Se dit aussi à quelqu'un qui échafaude des projets sur des espoirs non fondés. %0M

 

245     

cu

Fè l' londjin (ou: long) cu.

T. L. Faire le lambin cul.

C'est être lent à agir, rester volontairement à la traîne.

 

246     

cu

Ni tchîr qui d' on cu.           

T. L. Ne foirer que par un cul.

Se dit de deux personnes qui vivent en parfaite intelli­gence et qu'on voit toujours ensemble.

= Tchîr pau min.me trau.

 

247     

cu

Awè l' cu strwèt.

T. L. Avoir le cul étroit.

C'est être mal à l'aise, être horriblement inquiet, devoir faire face à une situation difficile.

 

248     

cu

Awè dès wèsses au cu.         

T. L. Avoir des guêpes au cul.

C'est être excessivement nerveux, se dépêcher, ne pas tenir en place.

= Awè on djon.nia è s fondemint.  

T.L. Avoir un essaim au derrière.

 

249     

cu

Toumè l' cu (ou: l' gueûye) o l' rôye.

T. L. Tomber le cul (ou la gueule) dans le sillon.

C'est mourir, rendre le dernier soupir.

 

250     

cu

Il èst trop taurd do mète si mwin à s' cu quand on-a tchî.

T. L. Il est trop tard de mettre sa main à son cul quand on a foiré.

Signifie qu'il est vain de se lamenter quand on doit subir les conséquences d'un acte, d'une parole.

= ... quand l' crote èst tcheûte su l' ansègnî.

T.L. ... quand la crotte est tombée sur le tas de fumier.

 

251      

cu

Awè l' feu o cu.

cf. - feu 390.

 

252     

cu

Li ci qui cause drî mi, cause à m' cu.

T. L. Celui qui parle derrière moi, parle à mon cul.

Cela signifie qu'on n'accorde pas la moindre attention à ce qui peut être dit derrière soi, qu'on dédaigne les pro­pos tenus quand on est absent.

 

253     

cu

Il a s' panse què lî plake à s' cu.

cf. - panse 635.

 

254     

cu

Quand il a one saqwè è s'tièsse,  i n' l' a nin o cu.

cf. - tièsse 942.

 

255     

cu

Cause à m' cu, m' tièsse èst malade.

T. L. Parle à mon cul, ma tête est malade.

Se dit à quelqu'un avec qui on ne veut pas converser. C'est en quelque sorte une fin de non recevoir.

 

256     

cûr

CUIR

I n' lî faut wêre di cûr po fè one bride.

T. L. Il ne lui faut guère de cuir pour faire une bride.

Se dit de quelqu'un qui exagère aisément comme aussi quelqu'un qui se met facilement en colère.

S'emploie parfois à propos de quelqu'un qui sait tirer profit de peu.

 

257     

cûre

CUIRE

Çu qui n' cût nin por vos,  lèyoz-le brûlè.

T. L. Ce qui ne cuit pas pour vous, laissez-le brûler.

Ne vous mêlez pas des affaires des autres ; il ne faut pas s'ingérer mal à propos dans les différends d'autrui.

 

258     

cûre

On pinse mwins côps cûre, èt l' for toume (= qui l' for ritoume).

T. L. On pense maintes fois cuire, et le four tombe.

On est souvent déçu de ne pouvoir réaliser ses projets, ses ambitions.

 

259     

curé

CURÉ

Quand i ploût su l' curè, i gote su l' maurlî.

T. L. Quand il pleut sur le curé, il goutine sur le marguillier.

Quand la fortune sourit à un homme généreux, ceux qui l'entourent s'en ressentent.

 

260     

cwade

CORDE

Mète li cwade à s' cô.

T. L. Se mettre la corde au cou.

Généralement c'est se marier, mais c'est aussi s'embar­quer dans une mauvaise affaire.

 

261      

cwade

Awè pus d' one cwade à s' violon.

T. L. Avoir plus d'une corde à son violon.

C'est avoir plusieurs ressources ; avoir plusieurs moyens de réussir, d'arriver à ses fins.

 

262      

cwade

Awè do l' cwade di pindu è s' potche.

T. L. Avoir de la corde de pendu en poche.

Se dit de quelqu'un favorisé par la chance ou qui se tire heureusement des entreprises les plus hasardeuses.

 

263      

cwade

I n' vaut nin l' cwade po l' pinde.

T. L. Il ne vaut pas la corde pour le pendre.

Se dit de quelqu'un qui est foncièrement mauvais, mé­chant, bon à rien.

 

264      

cwade

I n' faut nin causè d' cwade è l' maujone d' on pindu.

T. L.  Il ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu.

Signifie qu'il faut être prudent dans ses conversations et qu'il ne faut point parler d'une chose qui puisse faire à quelqu'un un secret reproche.

 

265      

cwameji

CORDONNIER

C' èst todi lès cwamejîs lès pus mau tchaussis.

T. L. C'est toujours les cordonniers les plus mal chaussés.

On néglige ordinairement les avantages qu'on est le plus à portée de se procurer par son état, par sa position, etc.

 

266     

cwane

CORNE

Awè dès rôyes dissus sès cwanes.

T. L. Avoir des raies sur ses cornes.

C'est n'avoir pas une réputation sans tache ; avoir quel­que chose à se reprocher.

 

267     

cwane

Il a r'satchi sès cwanes.

T. L. Il a retiré ses cornes.

Se dit généralement de quelqu'un qui a subi un virulent reproche et qui en accuse le coup.

Se dit aussi de quelqu'un qui s'est désintéressé d'une affaire, qui ne s'en embarrasse plus.

 

268     

cwarnéye

CORNEILLE

Bauyi aus cwârnéyes.

T. L. Bayer aux corneilles.

C'est regarder oiseusement, niaisement en l'air.

 

269     

dandji

BESOIN

Ça n' vaut nin li d'meuradje è dandji.

T. L. Cela ne vaut pas de rester dans le besoin.

Signifie que cela ne vaut pas qu'on se prive de quelque chose par simple souci d'économie.

 

270     

dansè

DANSER

Èlle arive todi po dansè quand lès violons sont rèvôyes.

T. L. Elle arrive toujours pour danser quand les violons sont repartis.

Se dit plaisamment d'une personne qui arrive toujours trop tard.

 

271     

dâr

LUBIE

Awè l' dâr o l' panse.

T. L. Avoir une lubie dans la panse.

C'est être aiguillonné par un désir méchant.

 

272     

dâr

Awè l' dâr (après one saqwè).        

T. L. Avoir une lubie (après quelque chose).

C'est être obsédé par une idée fixe, une volonté ferme de posséder cette chose.

= Awè one zine.

 

273     

deut

DOIGT

I faurè qu' i compte su tos sès deuts.

T. L. Il faudra qu'il compte sur tous ses doigts.

Se dit de quelqu'un qui aura beaucoup de peine à se tirer d'affaire faute d'argent.

 

274     

deut

I n' faut nin mète si deut inte l' èclume èt l' martia.

T. L. Il ne faut pas mettre son doigt entre l'enclume et le marteau.

C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'ingérer mal à propos dans les différends des personnes naturellement unies, comme frère et sœur, mari et femme.

 

275     

deut

Si tchôkè l' deut è l'ouy.

T. L. Se mettre le doigt dans l'œil.

C'est se tromper, s'induire en erreur.

 

276     

deut

Agni su sès deuts.

T. L. Se mordre les doigts.

C'est se repentir de quelque chose.

 

277     

deut

Quand c' èst po donè, ça lî plake aus deuts.

T. L. Quand c'est pour donner, cela lui colle aux doigts.

Se dit de personnes qui, quoiqu'en ayant la possibilité, répugnent à faire la charité, voire à payer ce qu'elles doivent

 

278     

diâle

DIABLE

Andje au cabarèt, diâle è s' maujone.

cf. - andje 13.

 

279     

diâle

Li diâle tchît todi su l' gros moncia.

T. L. Le diable foire toujours sur le gros tas.

Le bien vient à ceux qui en ont déjà. La fortune favorise toujours les personnes opulentes.

 

280     

diâle

Si k'tapè come on diâle è bènitî.

T. L. Se démener comme un diable dans un bénitier. C'est s'agiter beaucoup et souvent avec colère.

 

281      

diâle

Satchi l' diâle pa l' quèwe.

T. L. Tirer le diable par la queue.

C'est avoir beaucoup de peine à se procurer de quoi vivre. Eprouver de sérieuses difficultés.

 

282     

diâle

Awè l' diâle au cwârp.

T. L. Avoir le diable au corps.

C'est être vif, emporté, passionné ; être d'une audace extrême.

Par extension, éprouver un désir immodéré.

 

283     

diâle

Awè l' diâle o l' panse.

T. L. Avoir le diable dans la panse.

Expression  vulgaire   et  grossière  qui   s'exprime   pour marquer un état colérique excessif.

 

284     

diâle

On fait sovint l' diâle pus laîd qu' i n' èst.

T. L. On fait souvent le diable plus laid qu'il n'est.

On exagère souvent les laids côtés de quelqu'un, d'une situation.

 

285     

diâle

Ci n' èst nin l' diâle à chwarchi.

T. L. Ce n'est pas le diable à écorcher.

Ce n'est pas une situation insurmontable, sans issue, sans solution.

 

286     

diâle

I faut afîye alumè one tchandèle au diâle.

T. L. Il faut parfois allumer une chandelle au diable.

Il faut parfois recourir à des gens qu'on n'aime pas pour obtenir quelque chose.

 

287     

diâle

C' èst todi l' min.me diâle.

T. L. C'est toujours le même diable. C'est toujours la même chose.

Note. — On ajoute parfois : disti l' martchand d' bondiès (dit le mar­chand de crucifix).

 

288     

diâle

Il arive qui l' diâle si faît èrmite.

T. L. Il arrive que le diable se fasse ermite.

Se dit en parlant de quelqu'un qui, après avoir fait le libertin, devient dévot dans ses vieux jours.

 

289     

diâle

On dîreut qu' il a vèyu l' diâle abiyi à sôdâr.

T. L. On dirait qu'il a vu le diable habillé en soldat.

Se dit de quelqu'un qui est éberlué, qui n'en revient pas d'étonnement.

 

290     

diâle

Quand on mougne li diâle,  i faut mougni lès cwanes.

T. L. Quand on mange le diable, il faut manger les cornes. On doit souvent payer les conséquences de ses actes.

 

291      

diâle

I n' faît nin auji do contintè l' diâle èt s' bèle-mére.

cf. - contint 185.

 

292     

diâle

I faut sawè fè l' paurt do diâle.

cf. - paurt 664.

 

293     

diâle

T' ès trop malin po l' Bon Diè, li diâle t' aurè.

cf. - malin 506.

 

294     

dint

DENT

Rîre do gros d' sès dints.

T. L. Rire du gros des dents.

C'est s'efforcer de rire quoiqu'on n'en ait nulle envie ; éprouver une vive déception et s'efforcer de n'en rien laisser paraître, faire belle mine malgré les tracas.

 

295     

dint

Awè on dint conte one saquî.

T. L. Avoir une dent sur quelqu'un.

C'est en vouloir à quelqu'un, être toujours prêt à lui faire du tort.

 

296     

dint

Mougni do gros dès dints.

cf. - mougni 560.

 

297     

dîre

DIRE

Quand on dit, i faut dîre tot.

T. L. Quand on dit, il faut tout dire.

Se dit à quelqu'un pour le convaincre qu'il est impor­tant d'exprimer aussi bien le pour que le contre.

 

298     

dîre

Dîre èt fè, c' èst deûs.

T. L. Dire et faire, c'est deux.

Il est plus facile de parler que d'agir, plus facile de commander que d'exécuter.

 

299     

dîre

Dîre faît dîre.

T. L. Dire fait dire.

Nos accusations nous suscitent des accusateurs. On emploie aussi cette expression lorsque, par des mensonges placés bien à propos, on apprend des vérités.

 

17:46 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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