08/03/2012

spots walons / proverbes & expressions en langue wallonne (sûte / suite)

100     

botike

BOUTIQUE

Tinu (on p'tit) botike pa-d'zos sès cotes.

T. L. Tenir boutique sous ses jupes. C'est se prostituer.

 

101      

botroûle

NOMBRIL

Il a s' botroûle qui clape à s' dos.

T. L. Il a son nombril qui colle à son dos.

Se dit de quelqu'un affreusement maigre.

 

102     

botroûle

I n' a nin waîti s' botroûle en s' lèvant.

T. L. Il n'a pas regardé son nombril en se levant.

Se dit de quelqu'un qui est de mauvaise humeur.

 

103     

boû

BŒUF

Comprinde boû po vatche.

T. L. Comprendre bœuf pour vache.

C'est confondre, comprendre de travers.

 

104     

boû

Prinde li boû pa sès cwanes.

T. L. Prendre le bœuf par les cornes.

C'est réagir avec fermeté devant les difficultés.

105     

boû

Mète li tchèrûwe divant lès boûs.

 cf. - tchèrûwe 874.

= Brider si tch'vau pau cu.

T.L. Brider son cheval par le derrière.

 

106     

boû

Li ci qui prind on-ou, pudreut bin on boû.

cf. - ou 607.

 

107     

boû

I tanfèle (= sofèle) come on boû mau touwè.

cf. - tanflè 856.

 

108     

boudin

BOUDIN

Pont d' caurs, pont d' boudin.

cf. - caur 147.

 

109     

bourdouches

Passé lès bourdouches.

T. L. Passer les « bourdouches ».

C'est subir la punition qui consiste à passer entre deux rangées de compagnons qui frappent la victime à  l'aide d'écharpes tordues.   Passer à  tabac.   Par extension,  c'est devoir subir le châtiment d'une faute. Note. — « bourdouches » ne s'emploie pas en dehors de l'expression.

 

110     

boûre

BOUILLIR

Fè boûre li marmite.

cf. - marmite 516.

 

111     

bourike

BOURRIQUE

Tourné à bourike.

T. L. Tourner en bourrique.

Devenir stupide ; se laisser amener à faire aveuglément toutes les volontés d'une personne.

 

112     

boûsse

BOURSE

Pwartè s' boûsse à maule.

T. L. Porter sa bourse au mâle.

Se dit par plaisanterie quand on n'a plus d'argent dans sa bourse.

Note. — On la porte au mâle, sous entendu pour la rendre pleine.

 

113     

boûsse

I s' ètindèt come dès côpeûs d' boûsse.

T. L. Ils s'entendent comme des coupeurs de bourse (= sorte de pickpocket).

Se dit de gens qui sont d'intelligence pour faire quel­que chose de blâmable.

 

113b

boûsse

I gangne dès caurs come on côpeû d' boûsse.

T.L. Il gagne des sous comme un coupeur de bourse.

Il gagne de l'argent malhonnêtement.

 

114     

boûsse

Sère ti boûsse, c' èst mi qui paye.

T. L. Ferme ta bourse, c'est moi qui paie.

Se dit ironiquement à quelqu'un dont la braguette est entr'ouverte.

 

115     

boutè

POUSSER

Li pus fwârt qu' il a bouté, c' èst po tchîr.

T. L. Le plus fort qu'il a poussé, c'est pour chier. Se dit à propos d'un fainéant.

 

116     

bouwéye

LESSIVE

Lès man.nètès bouwéyes,  on lès faît è s' maujone.

T. L. Les sales lessives, on les fait en sa maison.

Il ne faut pas mettre le public dans la confidence des dissensions familiales.

Il faut laver son linge sale en famille.

 

117     

braîre

PLEURER

On n' saureut braîre èt t'nu l' tchandèle.

T. L. On ne saurait pleurer et tenir la chandelle.

Signifie qu'il est malaisé de faire deux choses à la fois.

 

118     

brayète

BRAGUETTE

Is sont parints do costè do l' brayète.

T. L. Ils sont parents du côté de la braguette.

a)   Se dit d'un homme et d'une femme qui, sans être mariés, ont en commun des relations sexuelles.

b)   Se dit parfois ironiquement à des personnes qui se trou­vent être de parenté lointaine.

 

119     

brayète

Bondjou lunète,

A r'veûy brayète.

cf. - lunète 490.

 

120     

brayète

Ële a dès-ouys qui satchèt à brayète.

cf. - ouy 615.

 

121      

brèssi

BRASSER

Come on l' brèsse, on l' bwèt.

T. L. Comme on la brasse, on la boit.

On est généralement récompensé à l'image des efforts, du travail consenti.

 

122     

brèsseû

Ëwou ç' qui l' brèsseû passe, li bolèdjî n' passe nin.

T. L. Où le brasseur passe, le boulanger ne passe pas.

Celui qui boit trop, mange peu. Se dit généralement en mauvaise part laissant sous-entendre que l'alcool amène la pauvreté.

 

123     

brocale

ALLUMETTE

Èlle a dès djambes come dès brocales.     

 

124     

brouwèt

BROUET

Toumè à brouwèt (d'tchitches).

T. L. Tourner à brouet (de pommes séchées).

C'est aller à vau-l'eau, péricliter.

 

125     

bûre

BEURRE

Promète pus d' bûre qui d' pwin.

T. L. Promettre plus de beurre que de pain.

C'est promettre plus que l'on veut ou qu'on ne peut tenir ; exagérer des promesses pour séduire.

 

126     

bûre

S' alè mète li cu dins l' bûre (ou o bûre).

T. L. Aller se mettre le cul dans le beurre.

C'est contracter un mariage heureux et à l'abri de sou­cis matériels.

 

127     

bûre

Faute di bûre, on mindje do stofè.

T. L. A défaut de beurre, on mange du fromage.

A défaut de mieux, il faut se contenter de ce que l'on a.

 

128     

burton

MOIGNON  de chou

I faut awè fwin  d' djote po mougni dès burtons.

cf. - djote 323.

 

129     

bwagne

BORGNE

Toumè d' on bwagne su on-aveûle.

T. L. Tomber d'un borgne sur un aveugle.

C'est aller de mal en pis.

 

130     

bwagne

Ièsse bwagne d' on-ouy et aveûle di l' ôte.

T. L. Etre borgne d'un œil et aveugle de l'autre.

C'est ne se rendre compte de rien, ne comprendre rien à  rien.

 

131      

bwâre

BOIRE

Bwâre cèke èt tonia.

T. L. Boire cercle et tonneau.

Se dit quand on éprouve une soif insatiable. Par exten­sion, c'est s'adonner à la boisson jusqu'à la ruine totale.

 

132     

bwâre

Bwâre come on trau.

T. L. Boire comme un trou.

C'est boire immodérément.

 

133     

bwâre

Come on l' brèsse, on l' bwèt.

cf. - brèssi 121.

 

134     

bwêrlè

HURLER

Bwêrlè come on tchin qui stron.ne.

T. L. Hurler comme un chien qui étrangle.

C'est crier d'une voix aiguë et perçante.

 

135     

bwêrlè

Bwêrlè come on pièrdu.

T. L. Hurler comme un perdu.

C'est crier, appeler à gorge déployée.

 

136    

bwêrlè

Quand on bwêrléye come on via, on mosture qu' on è-st-one bièsse.

T. L. Quand on beugle comme un veau, on montre qu'on est une bête.

Signifie que l'individu ne tire aucun avantage à crier ou tempêter à tort et à travers.

 

137     

bwès

BOIS

Li vî bwès prind rade feu.

T. L. Le vieux bois prend vite feu.

Se dit des vieillards qui s'enflamment vite.

NB Aussi: Quand l' feu prind dins lès vîys fagots!

 

138     

bwès

C'èst do bwès d' ralondje.

T. L. C'est du bois d'allonge.

C'est un moyen de gagner du temps, c'est un palliatif.

 

139     

bwès

Il èst do bwès qu' on faît  lès violons.

T. L. Il est du bois qu'on fait les violons.

Se dit d'un homme, qui, par complaisance ou par fai­blesse, ne veut ou n'ose contredire personne ; de quelqu'un qui se caractérise par une bonté excessive.

 

140     

bwès

Ièsse ritapè avou do mwaîs bwès.

T. L. Etre retapé de mauvais bois.

Se dit à propos d'un malade chez qui une intervention chirurgicale ou simplement une amélioration de son état de santé ne laisse aucun doute sur une proche issue fatale.

 

141     

bwès

Falu-z-èralè pau bwès.

T. L. Falloir retourner par le bois.

C'est subir un échec, une déception. Note. — On ajoute parfois : à pîd, sins lampe.

 

142      

bwès

Mostrè di qué bwès qu' on s' tchaufe.

T. L. Montrer de quel bois on se chauffe.

C'est montrer de quoi l'on est capable, quel homme on est.

 

143     

cadâve

CADAVRE

Si l' mwârt nè l'rabiasit nin, i f'rè on laîd cadâve (= on laîd mwârt).

cf. - mwârt 573.

 

144     

canada

POMME DE TERRE

Dj' in.me ostant deûs-ous qu' on canada.

cf. - ou 604.

 

145     

canlète

COMMÈRE

Alè à l' canlète.

T. L. Aller chez la commère.

C'est-à-dire aller commérer.

 

146     

cassi

LANCER

Il a stî cassi à l' uch come on stron su one palète.

T. L. Il a été jeté à la porte comme un étron sur une palette. Se dit de quelqu'un qui s'est fait rabrouer sévèrement.

Note. — Cassi : est un terme qui ne s'emploie généralement que dans le jeu de balle pelote et qui signifie : lancer en frappant de la main. Il y a donc dans cette expression une certaine allusion.

 

147     

caurs

ARGENT

Pont d' caurs, pont d' boudin.

T. L. Pas de sous, pas de boudin.

Sans argent, on ne peut rien avoir.

 

148     

cayau

CAILLOU

Si fond qu' on-z-ètère on cayau,  i vint todi on momint qu' on l' rimèt à djoû.

T. L. Aussi profondément qu'on enterre un caillou, il vient toujours un moment qu'on le remet au jour.

Il est difficile de se corriger définitivement d'un défaut.

 

148b

cèréje

CERISE

- Ça va?  - Come on mârtchand d' cèréjes è l' iviêr!

 

149     

cèréji

CERISIER

lèsse li cèréjî dès pôves.

T. L. Etre le cerisier des pauvres.

Se dit d'une femme aux mœurs légères et qui se donne à tout venant plus pour satisfaire sa passion que par appât d'un profit quelconque.

Note. — On ajoute parfois : tôt I' monde gripe dissus.

 

150      

c'fèssion

CONFESSION

A l' après do causè, on moûrt sins c'fèssion (= sins s' cofèssî).

T. L. Faute de parler, on meurt sans confession.

Nous ne devons pas espérer qu'on satisfasse à nos désirs si nous les laissons ignorer.

 

151      

c'fèssion

On lî donreut I' Bon Diè sins c(o)fèssion.

T. L. On lui donnerait le Bon Dieu sans confession.

Se dit de quelqu'un dont l'extérieur honnête dissimule un intérieur perverti.

 

152       

chance

CHANCE

Il a do l' chance qui s' pa a v'nu au monde divant li.

T. L. Il a la chance que son père soit venu au monde avant lui.

Se dit de quelqu'un qui dilapide à la légère ce qui lui vient de ses parents.

 

153     

chaule

ÉCHELLE

Li ci qui tint l' chaule è-st-ossi vaurin qu' l'ôte.

T. L. Celui qui tient l'échelle est aussi vaurien que l'autre.

Le complice est aussi coupable que le malfaiteur.

 

154     

ciél

V'lu alè au ciél sins chaule.

T. L. Vouloir aller au ciel sans échelle.

C'est prétendre réussir sans consentir d'efforts.

 

155     

chite

DIARRHÉE

Ni sawè aye po l' chite.

T. L. Eprouver des difficultés! même) pour foirer.

Se dit ironiquement de personnes de revenus modestes qui veulent vivre au-dessus de leurs moyens.

Note. — On ajoute parfois : et fè l' ronflant, (faire des embarras).

 

156     

chovè

BALAYER

Lès novîas ramons chovèt voltî.

cf. - ramon 770.

 

157     

chovè

Èle chove voltî l' pavéye dès vèjins.

T. L. Elle balaie volontiers le pavé de ses voisins.

Se dit d'une  personne qui  se  mêle des affaires des autres.

 

158     

chuflèt

SIFFLET

Awè s' chuflèt côpè.

T. L. Avoir le sifflet coupé.

C'est ne savoir plus que dire, avoir le caquet rabattu.

 

159     

chure-pot

ÉCUREUR

Il est nwâr come on chure-pot.

cf. - nwâr 594.

 

160     

clapè

BRIMBALER

Il a tofêr on fiêr qui clape.

cf. - fier 393.

 

161     

clau

CLOU

C' èst dès claus d' vacha.

T. L. Ce sont des clous de cercueil.

Se dit ironiquement à quelqu'un qui se lamente outre mesure pour de petits riens.

Se dit aussi à propos de tous les maux qui frappent les vieillards.  

NB On répond:

Tant qui ç' n' èst nin co lès plantches!

 T.L. Tant que ce ne sont pas encore les planches!

                                             

162     

clau

Rachonè dès claus d' vacha.

T. L. Rassembler des clous de cercueil.

C'est avancer l'heure fatale en se conduisant mal. Se dit souvent ironiquement à celui qui boit immodérément, à chaque verre qu'il ingurgite.

 

163     

clau

On clau tchèsse l' ôte.

T. L. Un clou chasse l'autre.

Une nouvelle passion, un nouveau goût en fait oublier un autre.

 

164     

clau

I n' si pingne nin avou on clau.

T. L. Il ne se peigne pas avec un clou.

Se dit de quelqu'un pour qui rien n'est trop beau et qui a son bien-être.

 

165     

clau

I faureut ièsse pindu à on clau.

cf. - pindu 702.

 

166     

clau

Rilûre come on clau d' keûve.

cf. - rilûre 785.

 

167     

clotche

CLOCHE 

Li ci qu' n' ètind qu' one clotche n' ètind qu' on son.

T. L. A n'entendre qu'une cloche, on n'entend qu'un son. Lors d'un différend entre deux personnes, il est sage d'entendre les deux parties avant de porter un jugement.

 

168     

clotchi

CLOCHER

I faut qui l' clotchî seûye au mitan do viyadje.

T. L. Il faut que le clocher soit au milieu du village.

Il faut mettre à la portée de chacun une chose dont le monde a besoin ou doit profiter.

C'est aussi vouloir tout mettre en œuvre pour que la bonne entente règne au maximum.

 

169     

coche

BRANCHE

Potchi d' one coche su l' ôte.

T. L. Sauter d'une branche à l'autre.

C'est passer brusquement d'un sujet à l'autre en ne s'arrêtant à aucun et en les traitant tous superficiellement.

 

170     

coche

Si ratrapè auzès coches.

T. L. Se rattraper aux branches.

Se dit de l'orateur ou du causeur qui a perdu le fil de ses idées et qui s'appesantit sur un détail accessoire pour gagner du temps et retrouver son thème.

 

171      

coche

S' aspoyi su one mwaîje coche.

T. L. S'appuyer sur une mauvaise branche.

C'est compter sur un secours qui n'arrivera pas.

 

172    

coche

Si t'nu aus coches.

T. L. Se tenir aux branches. C'est assurer sa sécurité.

 

173    

coche

Si ratenu aus coches.                 

T. L. S'accrocher aux branches.

C'est recourir à tous les moyens, bons ou mauvais, pour se tirer d'embarras.

NB  Aussi: Satchî à totes lès coches.

T.L. Tirer à toutes les branches.

 

174     

keûr

COEUR

Awè on keûr come on-èglume di mârchau.

T. L. Avoir un cœur comme une enclume de maréchal.

C'est être insensible aux grandes douleurs, ne pas com­patir au malheur d'autrui.

 

175     

keûr

Awè mau s' keûr.

T. L. Avoir mal au cœur. C'est envier, jalouser.

 

176     

keûr

Awè on keûr di pîre.

T. L. Avoir un cœur de pierre.

C'est manquer de charité envers autrui ; être insensible aux douleurs des autres.

 

177     

keûr

Il a s' keûr qui bat come li cu d'on mauvi.

T. L. Il a son cœur qui bat comme le cul d'un merle. Se dit de quelqu'un qui a des palpitations.

 

178    

colon

PIGEON

Tapè lès pwès d'vant lès colons.

cf. - pwès 755.

 

179     

colon

On bon colon r'toume todi su l' apau.

T. L. Un bon pigeon retombe toujours au pigeonnier.

Se dit plaisamment à quelqu'un qui réintègre son domi­cile après une absence.

Note. — Apau signifie planche d'appel d'un pigeonnier.

 

180     

compte

COMPTER

Li ci qui compte tot seû,  compte deûs côps.

T. L. Celui qui compte seul, compte deux fois.

On se trompe ordinairement quand on compte sans celui qui a intérêt à l'affaire, quand on espère ou qu'on promet une chose qui ne dépend pas absolument de soi.

 

181     

consèyeû

CONSEILLEUR

Lès consèyeûs ni sont nin lès payeûs.

T. L. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

Se dit à ceux qui s'ingénient à donner des conseils hors de propos, pour leur faire entendre qu'ils ne doivent pas en donner, ou qu'ils ont tort d'en donner.

Celui qui conseille ne paye point les fautes qu'il peut faire commettre.

 

NB Aussi: C' è-st-insi qu' on-z-ènonde lès sots.

T.L. C'est ainsi qu'on excite les sots.

 

182     

contint

CONTENT

Ièsse binauje do ièsse contint.

cf. - binauje 85.

 

183     

contint

Li ci qu' n' èst nin contint su l' têre n' a qu' à r'moussi d'dins.

T. L. Celui qui n'est pas content sur la terre, n'a qu'à rentrer dedans.

Expression qu'on adresse à celui qui se plaint de tout et toujours.

 

NB = Li ci qu' n' èst nin contint insi n' a qu' à li r'toûrner.

T.L. Celui qui qui n'est pas content ainsi n'a qu'à la retourner.

 

184     

contintemint

Contintemint passe ritchèsse.

T. L. Contentement passe richesse.

Mieux vaut être pauvre et content que riche et tour­menté  d'inquiétude.

 

185     

contintè

I n' faît nin auji contintè l' diâle èt s' bèle-mére.     

T. L. Il ne fait pas facile de contenter le diable et sa belle-mère.

Le plaisir que l'on procure à quelqu'un peut faire envie ou déplaire à une autre personne.

 

NB Et on ajoute parfois: ..., s' apinse li ci qu' n' aveut ont d' bèle-mére.

T.L. ..., dit celui qui n'avait pas de belle-mère.

 

186     

cok

COQ

On bon cok n'bèst jamaîs craus.

T. L. Un bon coq n'est jamais gras.

Les passions trop ardentes empêchent d'engraisser.

Variante  :

On bon maule n' èst jamaîs craus.

T. L. Un bon mâle n'est jamais gras.

 

187     

cokmwâr

COQUEMAR

Nos n' bolans pus au min.me cokemwâr.

T. L. Nous ne faisons plus bouillir dans le même coquemar.

C'est vivre en mésintelligence.

 

188     

coradje

COURAGE

Prinde si coradje à deûs mwins.

T. L. Prendre son courage à deux mains.

C'est savoir souffrir patiemment l'adversité ; ne pas se laisser abattre.

C'est aussi se mettre résolument au travail malgré toute espèce de difficultés.

 

189      

coradje

Li coradje èst bon maîs l' ovradje est deur.

T. L. Le courage est bon mais l'ouvrage est dur.

Se dit lorsque l'on doit faire face à de sérieuses diffi­cultés, voire lorsqu'il s'agit de surmonter une grande peine.

 

190     

coron

BOUT

Mète lès corons (= lès d'bouts) èssone.     

T. L. Joindre les bouts.

Avoir tout juste de quoi subsister.

 

191      

coron

Ni sawè mète lès corons èchone.

T. L. Ne savoir mettre les bouts ensemble. C'est avoir trop peu pour subsister.

 

192     

coron

Ni pus sawè v'nu à coron.

T. L. Ne plus savoir venir à bout.

C'est éprouver de sérieuses difficultés à maintenir son autorité sur quelqu'un.

Ne plus pouvoir mener à bien un travail.

 

193      

coron

Ièsse au coron d' sès rôyes.

T. L. Etre au bout de ses lignes.

C'est arriver au terme de ses difficultés ; se dit aussi de quelqu'un qui est à l'article de la mort.

 

193b

coron

Ni nin co ièsse au coron d' sès rôyes. (= ... au d'bout dès rûses.)

T.L. Ne pas encore être au bout de ses lignes.

C'est ne pas arriver au terme de ses difficultés.

 

194    

coron

Ièsse tot-au coron.        

T. L. Etre tout au bout.

C'est être à la limite de ses possibilités physiques, être essoufflé.    

NB = Ièsse às' dêrène.

 T.L. Etre à sa dernière.

                                                 

194b

coster

Dji vos l' riprind po l' pris qu' ça cosse.

T.L. Je vous le reprends pour le prix que cela coûte.

= Dji vos l' rèpète come djè l' a oyu.

Je vous le répète comme je l'ai entendu.

 

195     

costeure

COUTURE

Rabate lès costeures.

T. L. Rabattre les coutures.

Se dit avec accompagnement de gestes et ironiquement à ceux qui portent un habit neuf pour les inviter à offrir un verre.

cf. - dwârmu 343.

 

196     

costîre

COUTURIÈRE

Èles sont come lès costîres di Leûze,

Qu' in.mèt mia dwârmu qu' do keûse.

 

197     

cote

JUPE

Tinu botike pa d'zos sès cotes.

cf. - botike 100.

 

198     

cote

Èle forboût (= boût foû) d' sès cotes.

T. L. Elle bout à l'excès hors de ses jupes.

Se dit d'une femme ardente, recherchant la compagnie et le commerce des hommes.

 

199     

cote

C' è-st-on vî (ri)trosseû d' cotes.

T. L. C'est un vieux « trousseur » de jupes. Se dit à propos d'un vieux libertin.

 

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spots walons / proverbes & expressions en langue wallonne (sûte / suite)

200     

cote

Èle ritrosse pus aujîmint sès cotes qui d' lès ristinde.

T.  L.  Elle retrousse plus facilement ses jupes que de les repasser.

Se dit d'une femme qui s'adonne plus volontiers aux plaisirs de l'amour qu'aux travaux du ménage. S'

 

201     

cote

Tapè s' cote su l' aye.

T. L. Jeter la jupe sur la haie. C'est se défroquer.

 

202     

coucou

coucou

Il èst come li coucou,

Il a pus d' lin.we qui d' cou.

T. L. Il est comme le coucou

II a plus de langue que de cul.

Se dit de quelqu'un qui se vante facilement.

 

203     

coude

CUEILLIR

Il a stî coudu vèt'.

T. L. Il a été cueilli vert.

Se dit de quelqu'un qui est quelque peu simplet.

 

204     

cougne

ALLURE

N' awè ni cougne,  ni touche.

T. L. N'avoir ni allure, ni présentation.

Se dit de quelqu'un qui n'a pas d'allure comme aussi à propos d'un travail mal exécuté.

= N' awè pont d' cougne.

 

205     

couru

COURIR

I faut lèyi couru lès pus prèssès.

T. L. Il faut laisser courir les plus pressés.

Il  faut  réfléchir avant de faire une chose, et laisser faire les impatients.

Ne pas agir à la légère.

 

206     

couru

Li ci qui n' sét couru, qu' i rote.

T. L. Celui qui ne sait courir, qu'il marche.

Il faut se contenter de faire ce que l'on peut.

 

207     

coutchi

COUCHER

I n' si faut nin disbyi d'vant d' alè coûtchi.

cf. - disbiyi 302.

 

208     

coutchi

Alè coûtchi avou lès poyes.

T. L. Aller coucher avec les poules.

C'est aller se coucher de fort bonne heure.

 

209     

coutia

COUTEAU

On lî a mètu l' coutia su l' gwadje (= su s' gosî).

T. L. On lui a mis le couteau sur la gorge.

C'est déterminer quelqu'un, sous l'influence d'une me­nace, à faire ce qu'il ne voudrait pas.

 

210     

couviète

COUVERCLE

I gn-a nu si laîde marmite qui n' trouve si couviète.

cf. - marmite 517.

 

211      

couye

TESTICULE

Mostrè qu' on-a dès couyes à s' cu.

T. L. Montrer qu'on a des testicules au cul.

C'est faire montre de témérité, d'audace.

 

NB Aussi: Ligne èt couye.

= Ti m'as v'lu ataker mins dji t' a rèspondu.

 

212     

crama

CRÉMAILLÈRE

Pinde li crama.

T. L. Pendre la crémaillère.

C'est donner un repas pour fêter son installation dans un nouveau logement.

 

213     

crama

Li crama loume voltî l'tchôdîre : nwâr cu.

T. L. La crémaillère appelle volontiers la chaudière : noir cul.

Se dit de quelqu'un qui n'étant pas sans reproches se complaît à mépriser, calomnier les autres.

 

214     

crama

C' èst todi l' tchôdron qui loume li crama : «nwâr cu».

cf. - tchaudron 869.

 

215      

craus

GRAS

I n' faut nin todi touwè ç' qu' èst craus (= touwè tot ç' qu' èst craus).

cf. - touwè 952.

 

216     

craus

Il èst craus come one èrièsse.

T. L. Il est gras comme une arête (de poisson).

Se dit pour marquer ironiquement un état de maigreur excessive.

 

217     

crèche

CROÎTRE

Lès mwaîjès-ièbes créchèt voltî.

T. L. Les mauvaises herbes croissent volontiers.

Se dit ironiquement d'un enfant qui grandit très rapi­dement.

 

218     

crèche

Crèche come lès quèwes di vatche,  après têre.

T. L. Croître comme les queues de vache, vers la terre.

C'est vieillir, commencer à se courber sous le poids des années.

 

219     

crèdit

CRÉDIT

Crédit èst mwârt, mwaîje-paye l' a touwè.

T. L. Crédit est mort, mauvaise paie l'a tué.

Se dit à quelqu'un à qui on ne veut plus vendre à crédit.

 

220     

crosse

CROSSE

Ièsse à sès crosses.

T. L. Etre à ses croûtes.

Vivre à ses dépens. Vivre du fruit de son propre travail. Séparer ses intérêts de ceux de ses proches.

 

221      

crosse

Fè mougni dès crosses di doréye.

T. L. Faire manger des croûtes de tarte.

Se dit quand on prend quelqu'un par le menton, entre le pouce et l'index, et qu'on serre et relâche alternativement, ceci se fait surtout pour amuser les petits enfants.

 

222     

crossète

BÉQUILLE

I 'nn'îrè à crossète, qui s' pére dimanderè co èwou-ce qu' on danse.

T. L. Il marchera à l'aide de béquille, alors que son père demandera encore où l'on danse.

Se dit d'un jeune homme délicat de santé alors que son père est fort et robuste.

 

223     

crote

CROTTE

Fè dès crotes tos costès.

T. L. Faire des crottes tous côtés.

C'est contracter des dettes partout.

 

224     

crôye

CRAIE

Alè à l' crôye.

T. L. Aller à la craie.

C'est acheter à crédit. Variante   :

Alè à l' ârdwèse.

T. L. Aller à l'ardoise.

 

225     

crwâre

CROIRE

I vaut mia I' crwâre qui do-z-î alè veûy.

T. L. Il vaut mieux le croire que d'y aller voir. Se dit à propos d'un sujet à caution.

 

226     

crwès

CROIX

Fè one crwès d'ssus.

T. L. Faire une croix dessus.

C'est se résoudre à renoncer à quelque chose. Passer à pertes et profits.

C'est aussi pardonner.

 

227     

crwès

I gn'a dès crwès po tortos.            

T. L. Il y a des croix pour tous.

Il n'y a personne qui n'ait ses afflictions particulières.

= I gn-a one crwès po chake maujone.

T.L. Il y a une croix pour chaque maison.

 

228     

cu

CUL

S' alè mète li cu (dins l'/) o bûre.

cf. - bure 126.

 

229     

cu

Alè cu d'zeûs,  cu d'zos.

T. L. Aller cul dessus, cul dessous.

Se dit d'une entreprise qui périclite ; d'une situation où tout va mal.

 

230     

cu

Toûnè à cu d' poyon.

T. L. Tourner à cul de poussin. Péricliter, aller à vau-l'eau.

 

231      

cu

I s' a faît sinte (si cu).

T. L. Il s'est fait sentir le cul.

Se dit de quelqu'un  qui  s'est  laissé tromper,  qui  a trouvé plus malin ou plus adroit que lui.

 

232     

cu

I n' faut nin r'noyi s' cu por one vèsse.

T. L. Il ne faut pas renier son cul pour une vesse.

On ne doit pas laisser tomber les bras de décourage­ment pour une futilité ou une petite contrariété.

Signifie aussi qu'il faut avoir le courage d'avaliser ses actes.

 

233     

cu

Ça pind au cu da tortos.

T. L. Cela pend au cul de tous.

Les malheurs, les déconvenues ne sont pas l'apanage des uns, ils peuvent aussi frapper les autres.

Variante : Ça pind au nez da tortos.

T. L. Cela pend au nez de tous.

 

234     

cu

Piède si cu à miètes.

T. L. Perdre son cul à miettes.

C'est désirer ardemment quelque chose, s'impatienter dans l'attente d'une satisfaction.

 

235     

cu

I pièdreut s' cu s' i n' têreûve nin si fwârt.

T. L. Il perdrait son cul s'il ne tenait pas si fort.

Se dit de quelqu'un fort distrait, mais aussi de celui qui a peu de soin de ce qu'il a et qui n'a pas d'ordre.

= Si s' cu n' têreûve nin, i l' pièdreûve.

 

236     

cu

Tôt lî vint au eu sins boutè.

T. L. Tout lui vient au cul sans pousser.

Se dit de quelqu'un qui est favorisé par la chance, à qui tout sourit.

Se dit aussi de quelqu'un qui s'exprime aisément, sans difficultés ; de quelqu'un qui étudie facilement.

 

237     

cu

Il aureut one banse à s' cu qu' i tchîreut co à costè.

T. L. Il aurait une manne à son cul qu'il foierait encore à côté.

Se dit parfois de quelqu'un qui manque d'ordre, qui est malpropre.

S'emploie  plus  généralement  pour souligner  la  mal­chance, le manque de réussite de quelqu'un.

 

238     

cu

N' awè ni cu, ni tièsse.

T. L. N'avoir ni cul, ni tête.

Se dit d'un discours décousu, d'une chose mal faite, dépourvue de signification, incohérente.

 

239     

cu

Si lève l' cu d'vant.

T. L. Se lever le cul devant.

C'est n'être pas de bonne humeur, être désagréable envers autrui.

 

240     

cu

Bauje mi cu, gn-a do l' laume dissus.

T. L. Baise mon cul, il y a du miel dessus.

Se dit pour se débarrasser de quelqu'un qui ne cesse d'importuner.

 

241      

cu

Alè broyi s' cu su lès-ièbes.

T. L. Aller frotter vigoureusement son cul sur les herbes.

Se dit en parlant de quelqu'un qui va de déception en déception et à qui il ne reste qu'une hypothétique conso­lation.

 

242     

cu

Awè one broke à s' cu.

T. L. Avoir une broche à son cul.

C'est subir une déception, ne pas pouvoir atteindre l'objectif convoité.

 

243     

cu

Si t' n'as rin d' pus tchôd à t' cu, ti n' aurès pont d' clotchètes.

T. L. Si tu n'as rien de plus chaud à ton cul, tu n'auras pas de clochettes.

Se dit à quelqu'un qui se berce d'illusions.

 

244     

cu

C' èst l'trau di m' cu abiyi à sôdâr.

T. L. C'est le trou de mon cul habillé à soldat.

Se dit pour définir une absurdité, une chose totalement impensable.

Se dit aussi à quelqu'un qui échafaude des projets sur des espoirs non fondés. %0M

 

245     

cu

Fè l' londjin (ou: long) cu.

T. L. Faire le lambin cul.

C'est être lent à agir, rester volontairement à la traîne.

 

246     

cu

Ni tchîr qui d' on cu.           

T. L. Ne foirer que par un cul.

Se dit de deux personnes qui vivent en parfaite intelli­gence et qu'on voit toujours ensemble.

= Tchîr pau min.me trau.

 

247     

cu

Awè l' cu strwèt.

T. L. Avoir le cul étroit.

C'est être mal à l'aise, être horriblement inquiet, devoir faire face à une situation difficile.

 

248     

cu

Awè dès wèsses au cu.         

T. L. Avoir des guêpes au cul.

C'est être excessivement nerveux, se dépêcher, ne pas tenir en place.

= Awè on djon.nia è s fondemint.  

T.L. Avoir un essaim au derrière.

 

249     

cu

Toumè l' cu (ou: l' gueûye) o l' rôye.

T. L. Tomber le cul (ou la gueule) dans le sillon.

C'est mourir, rendre le dernier soupir.

 

250     

cu

Il èst trop taurd do mète si mwin à s' cu quand on-a tchî.

T. L. Il est trop tard de mettre sa main à son cul quand on a foiré.

Signifie qu'il est vain de se lamenter quand on doit subir les conséquences d'un acte, d'une parole.

= ... quand l' crote èst tcheûte su l' ansègnî.

T.L. ... quand la crotte est tombée sur le tas de fumier.

 

251      

cu

Awè l' feu o cu.

cf. - feu 390.

 

252     

cu

Li ci qui cause drî mi, cause à m' cu.

T. L. Celui qui parle derrière moi, parle à mon cul.

Cela signifie qu'on n'accorde pas la moindre attention à ce qui peut être dit derrière soi, qu'on dédaigne les pro­pos tenus quand on est absent.

 

253     

cu

Il a s' panse què lî plake à s' cu.

cf. - panse 635.

 

254     

cu

Quand il a one saqwè è s'tièsse,  i n' l' a nin o cu.

cf. - tièsse 942.

 

255     

cu

Cause à m' cu, m' tièsse èst malade.

T. L. Parle à mon cul, ma tête est malade.

Se dit à quelqu'un avec qui on ne veut pas converser. C'est en quelque sorte une fin de non recevoir.

 

256     

cûr

CUIR

I n' lî faut wêre di cûr po fè one bride.

T. L. Il ne lui faut guère de cuir pour faire une bride.

Se dit de quelqu'un qui exagère aisément comme aussi quelqu'un qui se met facilement en colère.

S'emploie parfois à propos de quelqu'un qui sait tirer profit de peu.

 

257     

cûre

CUIRE

Çu qui n' cût nin por vos,  lèyoz-le brûlè.

T. L. Ce qui ne cuit pas pour vous, laissez-le brûler.

Ne vous mêlez pas des affaires des autres ; il ne faut pas s'ingérer mal à propos dans les différends d'autrui.

 

258     

cûre

On pinse mwins côps cûre, èt l' for toume (= qui l' for ritoume).

T. L. On pense maintes fois cuire, et le four tombe.

On est souvent déçu de ne pouvoir réaliser ses projets, ses ambitions.

 

259     

curé

CURÉ

Quand i ploût su l' curè, i gote su l' maurlî.

T. L. Quand il pleut sur le curé, il goutine sur le marguillier.

Quand la fortune sourit à un homme généreux, ceux qui l'entourent s'en ressentent.

 

260     

cwade

CORDE

Mète li cwade à s' cô.

T. L. Se mettre la corde au cou.

Généralement c'est se marier, mais c'est aussi s'embar­quer dans une mauvaise affaire.

 

261      

cwade

Awè pus d' one cwade à s' violon.

T. L. Avoir plus d'une corde à son violon.

C'est avoir plusieurs ressources ; avoir plusieurs moyens de réussir, d'arriver à ses fins.

 

262      

cwade

Awè do l' cwade di pindu è s' potche.

T. L. Avoir de la corde de pendu en poche.

Se dit de quelqu'un favorisé par la chance ou qui se tire heureusement des entreprises les plus hasardeuses.

 

263      

cwade

I n' vaut nin l' cwade po l' pinde.

T. L. Il ne vaut pas la corde pour le pendre.

Se dit de quelqu'un qui est foncièrement mauvais, mé­chant, bon à rien.

 

264      

cwade

I n' faut nin causè d' cwade è l' maujone d' on pindu.

T. L.  Il ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu.

Signifie qu'il faut être prudent dans ses conversations et qu'il ne faut point parler d'une chose qui puisse faire à quelqu'un un secret reproche.

 

265      

cwameji

CORDONNIER

C' èst todi lès cwamejîs lès pus mau tchaussis.

T. L. C'est toujours les cordonniers les plus mal chaussés.

On néglige ordinairement les avantages qu'on est le plus à portée de se procurer par son état, par sa position, etc.

 

266     

cwane

CORNE

Awè dès rôyes dissus sès cwanes.

T. L. Avoir des raies sur ses cornes.

C'est n'avoir pas une réputation sans tache ; avoir quel­que chose à se reprocher.

 

267     

cwane

Il a r'satchi sès cwanes.

T. L. Il a retiré ses cornes.

Se dit généralement de quelqu'un qui a subi un virulent reproche et qui en accuse le coup.

Se dit aussi de quelqu'un qui s'est désintéressé d'une affaire, qui ne s'en embarrasse plus.

 

268     

cwarnéye

CORNEILLE

Bauyi aus cwârnéyes.

T. L. Bayer aux corneilles.

C'est regarder oiseusement, niaisement en l'air.

 

269     

dandji

BESOIN

Ça n' vaut nin li d'meuradje è dandji.

T. L. Cela ne vaut pas de rester dans le besoin.

Signifie que cela ne vaut pas qu'on se prive de quelque chose par simple souci d'économie.

 

270     

dansè

DANSER

Èlle arive todi po dansè quand lès violons sont rèvôyes.

T. L. Elle arrive toujours pour danser quand les violons sont repartis.

Se dit plaisamment d'une personne qui arrive toujours trop tard.

 

271     

dâr

LUBIE

Awè l' dâr o l' panse.

T. L. Avoir une lubie dans la panse.

C'est être aiguillonné par un désir méchant.

 

272     

dâr

Awè l' dâr (après one saqwè).        

T. L. Avoir une lubie (après quelque chose).

C'est être obsédé par une idée fixe, une volonté ferme de posséder cette chose.

= Awè one zine.

 

273     

deut

DOIGT

I faurè qu' i compte su tos sès deuts.

T. L. Il faudra qu'il compte sur tous ses doigts.

Se dit de quelqu'un qui aura beaucoup de peine à se tirer d'affaire faute d'argent.

 

274     

deut

I n' faut nin mète si deut inte l' èclume èt l' martia.

T. L. Il ne faut pas mettre son doigt entre l'enclume et le marteau.

C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'ingérer mal à propos dans les différends des personnes naturellement unies, comme frère et sœur, mari et femme.

 

275     

deut

Si tchôkè l' deut è l'ouy.

T. L. Se mettre le doigt dans l'œil.

C'est se tromper, s'induire en erreur.

 

276     

deut

Agni su sès deuts.

T. L. Se mordre les doigts.

C'est se repentir de quelque chose.

 

277     

deut

Quand c' èst po donè, ça lî plake aus deuts.

T. L. Quand c'est pour donner, cela lui colle aux doigts.

Se dit de personnes qui, quoiqu'en ayant la possibilité, répugnent à faire la charité, voire à payer ce qu'elles doivent

 

278     

diâle

DIABLE

Andje au cabarèt, diâle è s' maujone.

cf. - andje 13.

 

279     

diâle

Li diâle tchît todi su l' gros moncia.

T. L. Le diable foire toujours sur le gros tas.

Le bien vient à ceux qui en ont déjà. La fortune favorise toujours les personnes opulentes.

 

280     

diâle

Si k'tapè come on diâle è bènitî.

T. L. Se démener comme un diable dans un bénitier. C'est s'agiter beaucoup et souvent avec colère.

 

281      

diâle

Satchi l' diâle pa l' quèwe.

T. L. Tirer le diable par la queue.

C'est avoir beaucoup de peine à se procurer de quoi vivre. Eprouver de sérieuses difficultés.

 

282     

diâle

Awè l' diâle au cwârp.

T. L. Avoir le diable au corps.

C'est être vif, emporté, passionné ; être d'une audace extrême.

Par extension, éprouver un désir immodéré.

 

283     

diâle

Awè l' diâle o l' panse.

T. L. Avoir le diable dans la panse.

Expression  vulgaire   et  grossière  qui   s'exprime   pour marquer un état colérique excessif.

 

284     

diâle

On fait sovint l' diâle pus laîd qu' i n' èst.

T. L. On fait souvent le diable plus laid qu'il n'est.

On exagère souvent les laids côtés de quelqu'un, d'une situation.

 

285     

diâle

Ci n' èst nin l' diâle à chwarchi.

T. L. Ce n'est pas le diable à écorcher.

Ce n'est pas une situation insurmontable, sans issue, sans solution.

 

286     

diâle

I faut afîye alumè one tchandèle au diâle.

T. L. Il faut parfois allumer une chandelle au diable.

Il faut parfois recourir à des gens qu'on n'aime pas pour obtenir quelque chose.

 

287     

diâle

C' èst todi l' min.me diâle.

T. L. C'est toujours le même diable. C'est toujours la même chose.

Note. — On ajoute parfois : disti l' martchand d' bondiès (dit le mar­chand de crucifix).

 

288     

diâle

Il arive qui l' diâle si faît èrmite.

T. L. Il arrive que le diable se fasse ermite.

Se dit en parlant de quelqu'un qui, après avoir fait le libertin, devient dévot dans ses vieux jours.

 

289     

diâle

On dîreut qu' il a vèyu l' diâle abiyi à sôdâr.

T. L. On dirait qu'il a vu le diable habillé en soldat.

Se dit de quelqu'un qui est éberlué, qui n'en revient pas d'étonnement.

 

290     

diâle

Quand on mougne li diâle,  i faut mougni lès cwanes.

T. L. Quand on mange le diable, il faut manger les cornes. On doit souvent payer les conséquences de ses actes.

 

291      

diâle

I n' faît nin auji do contintè l' diâle èt s' bèle-mére.

cf. - contint 185.

 

292     

diâle

I faut sawè fè l' paurt do diâle.

cf. - paurt 664.

 

293     

diâle

T' ès trop malin po l' Bon Diè, li diâle t' aurè.

cf. - malin 506.

 

294     

dint

DENT

Rîre do gros d' sès dints.

T. L. Rire du gros des dents.

C'est s'efforcer de rire quoiqu'on n'en ait nulle envie ; éprouver une vive déception et s'efforcer de n'en rien laisser paraître, faire belle mine malgré les tracas.

 

295     

dint

Awè on dint conte one saquî.

T. L. Avoir une dent sur quelqu'un.

C'est en vouloir à quelqu'un, être toujours prêt à lui faire du tort.

 

296     

dint

Mougni do gros dès dints.

cf. - mougni 560.

 

297     

dîre

DIRE

Quand on dit, i faut dîre tot.

T. L. Quand on dit, il faut tout dire.

Se dit à quelqu'un pour le convaincre qu'il est impor­tant d'exprimer aussi bien le pour que le contre.

 

298     

dîre

Dîre èt fè, c' èst deûs.

T. L. Dire et faire, c'est deux.

Il est plus facile de parler que d'agir, plus facile de commander que d'exécuter.

 

299     

dîre

Dîre faît dîre.

T. L. Dire fait dire.

Nos accusations nous suscitent des accusateurs. On emploie aussi cette expression lorsque, par des mensonges placés bien à propos, on apprend des vérités.

 

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spots walons / proverbes & expressions en langue wallonne (sûte / suite)

300     

dîre

Dîre « amen » à totes lès mèsses.

T. L. Dire « amen » à toutes les messes.

C'est approuver tout, ne faire aucune objection.

 

301      

dîre

Si t' n' è l' sés dîre, chufèle-lu.

T. L. Si tu ne sais le dire, siffle-le.

Se dit ironiquement à quelqu'un qui éprouve des diffi­cultés pour expliquer une chose, raconter un fait.

 

302     

disbiyi

DÉVÊTIR

I n' si faut nin disbiyi d'vant d' alè coûtchi.

T. L. Il ne faut pas se dévêtir avant d'aller se coucher.

C'est un conseil  de sage qui veut qu'il  ne faut pas renoncer à ses biens avant sa mort.

 

303     

discoplè

DÉCOUPLER

I n' saureut d'djà discoplè deûs gades.

T. L. Il ne saurait déjà découpler deux chèvres.

Se dit de quelqu'un qui est d'une maladresse notoire.

 

304     

disdîre

DÉDIRE

I vaut mia s' disdîre qui do displaîre.

T. L. Il vaut mieux se dédire que déplaire.

Signifie qu'il est généralement plus sage de reconnaître ses torts que de provoquer des disputes.

 

305     

disvôtyi

DÉBALLER

On lî a disvôtyi s' pakèt.

cf. - paquet 655.

 

306     

djalous

JALOUX

I gn-a rin d' si djalous qu' one bauye.

cf. - bauye 57.

 

307     

djambe

JAMBE

I vaut mia ça qu' one djambe câsséye.

T. L. Il vaut mieux cela qu'une jambe cassée.

Consolation  donnée à celui à qui  il arrive un  léger désagrément, à qui il survient un petit accident.

Note. — On y ajoute parfois : et lès bokèts pièrdus (et les morceaux perdus).

 

308     

djambe

Ça lî frè one bêle djambe.

T. L. Cela lui fera une belle jambe.

Se dit en parlant d'une chose dont quelqu'un tire vanité et qui ne lui est d'aucun avantage.

Se dit de ce qui n'apporte aucun avantage de ce dont il ne retire que peu ou point d'utilité.

 

309     

djambe

Mète ses djambes à s' cu.            

T. L. Mettre ses jambes à son cul.

C'est s'enfuir à toutes jambes.

= Taper sès djambes à spales.

T.L. Mettre ses jambes aux épaules.

 

310     

djambe

On n' è va nin su one djambe.

T. L. On ne part pas sur une jambe.

Se dit à quelqu'un que nous invitons à boire un second  verre avant de nous quitter.

 

311      

djambe

Èle a dès djambes come dès montants d' tchiyote.

T. L. Elle a des jambes comme des montants de cabinet.

Se dit d'une femme qui a des jambes excessivement maigres.

 

312     

djambe

Ële a dès djambes come dès brocales.

T. L. Elle a des jambes comme des allumettes.

(même sens que 311).

Note. — Les brocales étaient les allumettes anciennes faites de brins de chènevotte ou de bois soufré aux deux bouts ou même sans soufre.

 

313     

djambe

I faut sawè fè bia visadje su mwaîjès djambes.

cf. - visadje 995

314     

djeû

JEU

Djouwè l' drwèt do djeû.  (= Alè ...)                

T. L. Jouer le droit du jeu.

C'est agir correctement, sans aucun recours à la super­cherie. Etre loyal.

 

315     

djeû

Ièsse à s' djeû.

T. L. Etre à son jeu.

C'est être attentif à ce que l'on fait. C'est aussi se trou­ver dans son élément, faire quelque chose qu'on aime bien.

 

316     

djeû

Ennè fè on djeû.

T. L. En faire un jeu.

C'est prendre les choses à la légère.

 

317     

djeû

I s' a faît prinde à s' prôpe djeû.

T. L. Il s'est fait prendre à son propre jeu.

C'est être victime de ses propres machinations.

 

318     

djeû

I s' a lèyi prinde à s' djeû.

T. L. Il s'est laissé prendre à son jeu.

C'est se laisser amadouer par quelqu'un, tomber dans un piège, être dupé.

 

319     

djeû

Sawè catchi s' djeû.  (= Bin catchi ...)              

T. L. Savoir cacher son jeu.

C'est savoir ne rien laisser percevoir de ses desseins.

 

320     

djeû

Awè s' djeû à r'djouwè.

T. L. Avoir son jeu à rejouer.

Se dit de quelqu'un qui a agi maladroitement, inconsi­dérément et qui voudrait bien pouvoir recommencer.

 

321      

djîvau

TABLETTE  DE CHEMINÉE

I waîte su l' djîvau si l' pourcia è-st-o ran.

T. L. Il regarde sur la tablette de cheminée pour voir si le porc est dans la soue.

Se dit ironiquement de quelqu'un qui est bigle.

 

322     

djonde

TOUCHER

I n' èst nin à djonde avou dès picètes.

T. L. Il n'est pas à toucher avec des pincettes.

Se dit de quelqu'un qui est très sale ; par extension de quelqu'un excessivement susceptible.

 

323     

djote

CHOU

I faut awè fwin d' djote po mougni dès burtons.

T. L. Il faut avoir faim de chou pour manger des moignons (de chou).

Ceux dont les passions sont excitées, ne sont pas diffi­ciles dans leur choix.

 

324     

djote

Awè dès-orèyes come dès fouyes di djote.

cf. - orèye 600.

 

325     

djoû

JOUR

Tos lès djoûs ni s' richonèt nin.

T. L. Tous les jours ne se ressemblent pas.

On a de bons et de mauvais jours, des alternatives de peine et de plaisir, de jeûne et de bombance.

 

326     

djoû

I vint todi on djoû qui n' a nin co v'nu.

T. L. Il vient toujours un jour qui n'est pas encore venu.

Se dit parfois en guise de consolation à quelqu'un qui est harcelé de malheurs.

Se dit aussi en guise d'avertissement à ceux qui se complaisent en égoïstes dans leur bonheur; l'avenir est chargé d'imprévus.

 

327     

djoû

I gn-a si long djoû qui n' arive à l' nêt.

T. L. Il n'y a si longue journée qui ne parvienne au soir.

Personne n'est à l'abri de l'infortune. Les méchants finissent toujours par être punis.

 

328     

djoû

I gn-aurè co dès djoûs qu' nos n' sèrans pus.

T. L. Il y aura encore des jours que nous ne serons plus. S'emploie généralement pour inviter à la «philosophie»

 

329     

djoûrnéye

JOURNÉE

I n' si faut nin rafyi d' one bèle djoûrnéye si èle n' èst iute.

T. L.  Il ne faut pas se réjouir d'une belle journée avant qu'elle ne soit terminée.

C'est un conseil afin de ne pas se réjouir trop tôt d'un succès incertain.

= I n' si faut nin vantè d' one bèle djoûrnéye divant qu' èle ni fuche iute.

 

330     

djouwè

JOUER

I lî a djouwè cink lignes.

T. L. Il lui a joué cinq lignes.

Se dit de celui qui s'est joué de quelqu'un.

 

331      

djouwè

Awè djouwè one mwaîje caute.

T. L. Avoir joué une mauvaise carte.

Se dit de quelqu'un qui a contracté un mariage malheu­reux, parfois aussi de quelqu'un qui a échoué dans son entreprise, de quelqu'un à qui la chance n'a pas souri.

 

332     

djouwè

Djouwè au malin.

T. L. Jouer au malin.

C'est persévérer dans l'erreur en refusant, par orgueil, d'admettre les conseils de personnes autorisées.

 

333     

djouwè

Djouwè à l' Madame.

T. L. Jouer à la dame.

Se dit d'une femme qui voudrait considérer les autres comme des inférieurs et se permettre de commander.

 

334

djouwè

Djouwè d' sès pîds èt d' sès pougns. (=   ...)

T. L. Jouer des pieds et des poings.

C'est recourir à tous les moyens pour arriver à ses fins.

 

335     

djouwè

Djouwè l' drwèt do djeû.

cf. - djeû 314.

 

336     

djouwè

Djouwè on toûr di rossia tchin.

T. L. Jouer un tour de chien roux.

C'est jouer un vilain tour à quelqu'un.

 

337     

doû

DEUIL

È fè s' doû.

T. L. En faire son deuil.

C'est se résigner à être privé d'une chose, à n'être pas payé d'un dû.

 

338     

doû

Is sèront d' doû tote leû vikaîrîye.

T. L. Ils seront en deuil toute leur vie.

Se dit de personnes qui ont entrepris des dépenses bien supérieures à leurs moyens.

 

339     

dwârmu

DORMIR

Dwârmu come on cayau (= sokia).              

T. L. Dormir comme un caillou. (= comme une souche (d'arbre)).

C'est dormir profondément.

 

340     

dwârmu

Alè dwârmu (= coûtchi) avou lès poyes.

T. L. Aller dormir avec les poules.

C'est se mettre au lit de très bonne heure.

 

341      

dwârmu

Dwârmu su pîd.

T. L Dormir sur pied.

C'est être très fatigué et éprouver le besoin de dormir.

C'est aussi manifester une certaine paresse, surtout une paresse d'esprit.

 

342     

dwârmu

I dwâmereut l' nez dins on stron.

T. L. Il dormirait le nez dans un étron.

Se dit d'un grand dormeur qui, pour autant qu'il puisse dormir, ne cherche pas le confort

 

343     

dwârmu

Èles sont come lès costîres di Leûze,

Qu'in.mèt mia dwârmu qu' do keûse.

T. L. Elles sont comme les couturières de Leuze, Qui aiment mieux dormir que coudre.

Se dit de personnes nonchalantes,  paresseuses.

 

344     

dwârmu

Dwârmu su sès deûs-orèyes.

cf. - orèye 598.

 

345     

èclume

ENCLUME

I n' faut nin mète si deut inte l' èclume èt l' mârtia.

cf. - deugt 274.

 

346     

èclume

Awè on keûr come one èclume di marchau.

cf. - cœur 174.

 

347     

èclume

Falu ièsse èclume ou mârtia.

T. L. Falloir être enclume ou marteau.

C'est se trouver dans des circonstances telles qu'il est inévitable de souffrir du mal ou d'en faire.

 

348     

èfant

ENFANT

Pitits-èfants, p'titès sognes (= rûses).                   

Grands-èfants, grandès sognes (= rûses).

T. L. Petits enfants, petits soins, Grands-enfants, grands soins.

A mesure que les enfants avancent en âge, ils réclament plus de soins et nous occasionnent plus d'inquiétudes.

Note. — II est curieux de remarquer que SOGNE signifie à la fois :

peur, crainte et soin. Par conséquent ce dicton peut aussi être employé

dans le sens de :

Petits enfants, petites peurs ;

Grands enfants, grandes peurs.

 

349     

èfant

I gn-a pupont d' èfant.

T. L. Il n'y a plus d'enfant.

Se dit à propos d'un enfant qui parle de choses qu'il devrait encore ignorer.

 

350     

èfant

On lî pudreut voltî s'-t-èfant po 1' façon d' on-ôte.

T. L. On lui prendrait volontiers son enfant pour la façon d'un autre.

Expression pour marquer son admiration à l'égard d'une jolie femme.

 

351      

èfant

C' è-st-on bia èfant,  damadje qu' èle piche.

T. L. C'est un bel enfant, dommage qu'elle pisse.

Se dit à propos d'un beau brin de fille à qui on repro­che cependant une certaine vulgarité.

 

352     

èfant

Lès prumîrès galètes,  c' èst po lès-èfants.

T. L. Les premières galettes sont pour les enfants.

S'emploie généralement soit au jeu de cartes soit aux autres jeux de sociétés ; s'adresse à celui qui fait les pre­mières levées ou gagne les premières parties.

 

353     

èfant

Il è-st-ossi inocint qu' on-èfant d' chîs mwès.

T. L. Il est aussi innocent qu'un enfant de six mois.

Se dit pour mieux affirmer l'innocence ou le caractère enfantin de quelqu'un.

 

354     

èfant

Si minè come on-èfant.

T. L. Se conduire comme un enfant.

Se dit à quelqu'un qui agit sans réflexion ; inconsciem­ment.

 

355     

èglîje

ÉGLISE

Tinu l' èglîje au mitan do viyadje.

T. L. Tenir l'église au milieu du village.

C'est tout mettre en œuvre pour maintenir une bonne

entente, contenter tout le monde en observant une juste égalité.

 

356     

èglîje

Alè tchîr è l'èglîje èt dîre qui c' èst lès sints.

cf. - tchîr 929.

 

357     

éle

AILE

Lèyi pinde si-t-éle.

T. L. Laisser pendre son aile.

C'est manquer de réaction devant la moindre difficulté, s'avouer facilement vaincu.

Se dit également pour tout individu dont l'état de santé a subi une altération assez grave et qui s'abandonne à son sort ; dépérir.

 

358     

éle

I n' bat pus qu' d' one éle.

T. L. Il ne bat plus que d'une aile.

C'est ne plus jouir de la considération totale. Subir une déchéance aussi bien physique que morale.

 

359     

èpingue

ÉPINGLE

Rissatchi s'-t-èpingue do djeû.

T. L. Retirer son épingle du jeu.

C'est se dégager adroitement d'une mauvaise affaire, d'une partie périlleuse.

Retirer à temps les avances qu'on avait faites dans une affaire qui devient mauvaise.

 

360     

èplausse

EMPLÂTRE

Mète one èplausse su one djambe di bwès.

T. L. Mettre un emplâtre sur une jambe de bois.

C'est faire une chose dont le résultat sera nul, perdre son temps à faire une chose inutile.

 

361      

èprontè

EMPRUNTER

Ami po-z-èprontè,  in.nemi po rapwartè.

T. L. Ami pour emprunter, ennemi pour rapporter.

Quand on demande à quelqu'un de rendre ce qu'on lui a prêté, on s'en fait souvent un ennemi.

 

362     

èrièsse

ARÊTE  (de  poisson)

Il èst craus come one èrièsse.

cf. - craus 216.

 

363     

èsprit

ESPRIT

L'èsprit qu' on vout awè gâte li ci qu' on-a.

T. L. L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on a.

Se dit à quelqu'un qui, en voulant faire étalage d'esprit, se discrédite aux yeux de tous.

 

364     

êwe

EAU

S' i va bin à l' êwe, i n' aurè nin seu.

T. L. S'il va bien à l'eau, il n'aura pas soif.

Se dit d'un homme qui épouse une femme dont les qualités de ménagère sont douteuses ou médiocres.

 

365     

êwe

Pout-mau a toumè è l' êwe èt s' a nèyi.

T. L. Peut mal est tombé à l'eau et s'est noyé.

Se dit, en guise d'avertissement, aux téméraires qui répondent toujours : dji n' pous mau qui signifie il n'y a aucun danger, aucun risque.

 

366     

êwe

Nêvyi inte deûs-êwes.

T. L. Nager entre deux eaux.

C'est tergiverser, biaiser, parler ou se comporter d'une manière équivoque.

 

367     

êwe

Awè l' êwe o l' bouche.

T. L. Avoir l'eau à la bouche.

C'est convoiter ce que les autres mangent ou possèdent en fortune, en affection.

 

368     

êwe

Fè v'nu l' êwe o l' bouche.

T. L. Faire venir l'eau à la bouche.

Se dit d'une chose agréable au goût et dont l'idée excite l'appétit quand on en parle ou qu'on en entend parler

Se dit aussi figurément de tout ce qui peut exciter les désirs.

 

369     

êwe

Is n' trouvereut pont d' êwe è Moûse.

T. L. Il ne trouverait pas d'eau dans la Meuse.

Se dit d'un homme malhabile et pas débrouillard.

 

370     

êwe

On lî f'reut bate l' êwe.

T. L. On lui ferait battre l'eau.

Se dit de quelqu'un à qui on ferait faire tout ce qu'on voudrait.

 

371     

êwe

L' êwe qu' èst iute ni faît pus toûrnè l' molin.

T. L. L'eau qui est passée ne fait plus tourner le moulin. Signifie qu'il est vain de se lamenter sur le passé.

 

372     

êwe

Fè v'nu l' êwe o molin.

T. L. Faire venir l'eau au moulin.

C'est procurer, à soi et aux siens, des avantages, des moyens de subsistance, etc., par son travail, son adresse.

 

373     

êwe

Is s' richonèt come deûs gotes d' êwe.

T. L. Ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau.

Se dit de personnes qui se ressemblent parfaitement.

 

374     

êwe

N' awè nin pus fwin qui l' êwe n' a seu.

T. L. N'avoir pas plus faim que l'eau n'a soif. C'est n'avoir pas d'appétit.

 

375     

êwe

Ièsse come li pèchon è l' êwe.

cf. - pèchon 670.

 

376     

èspériyince

EXPÉRIENCE

Espériyince,

Passe siyince.

T. L. Expérience, Passe science.

La pratique est plus utile que la théorie.

 

377     

fagot

FAGOT

I gn-a fagot èt fagot (, gn-a min.me dès-urètes).

 T. L. Il y a fagot et fagot (, il ya même des fagots de menues branches).

Entre personnes de même état, entre choses de même sorte, il peut y avoir une différence de qualité.

 

378     

fagot

Il a on rin foû di s' fagot.

T. L. Il a un rameau hors de son fagot.

Se dit de quelqu'un qui est simplet, qui n'a pas tous ses sens.

 

379     

farène

FARINE

Tot faît farène au bon molin.

T. L. Tout fait farine au bon moulin.

Toute chose vient à point quand on sait l'employer.

Les aliments les plus communs rassasient, nourrissent comme les plus délicats.

 

380     

FAIRE

Ni fè ni one, ni deûs.

T. L. Ne faire ni une, ni deux.

C'est agir sans hésiter, de propos délibéré.

 

381      

A fè ç' qu'on pout, on faît ç' qu'on deut.

T. L. A faire ce qu'on peut, on fait ce qu'on doit.

On  ne peut exiger d'une  personne qu'un  travail  en rapport avec ses moyens.

A l'impossible nul n'est tenu.

= Li ci qu' faît ç' qu' i pout, faît ç' qu'i deut.

 

382     

Ci n' èst qu' en fiant qu' on faît.

T. L. Ce n'est qu'en faisant qu'on fait.

Il y a des choses qui demandent un certain temps pour être bien faites.

L'expérience rend habile.

 

383     

I faît l' mitan à s' maniére èt l'rèsse (ou: l' rèstant) come i lî plaît.

T. L. Il fait la moitié à sa manière et le reste comme il lui plaît.

Se dit de quelqu'un qui agit sans se préoccuper des observations ou des conseils qu'on  lui donne.

 

384     

Fè l'doûce alin.ne. (= Vinu avou one doûce alin.ne.)

T. L. Faire la douce haleine. (= Venir avec une douce haleine.)

C'est tenter d'amadouer par des flatteries.

 

385     

Fè l' tot bon.

T. L. Faire le tout bon.

C'est feindre de ne rien comprendre.

C'est aussi vouloir cacher un sale caractère sous de fausses amabilités.

 

386     

Fè l' macrale.

T. L. Faire la sorcière.

C'est chercher d'apitoyer en recourant à la fourberie.

Se dit aussi des enfants qui se font câlins pour obtenir une faveur.

 

387     

fèsse

FESSE

Il èst trop taurd do rastrinde sès fèsses quand on-a tchî

o lèt (= è s' lèt).

T. L. Il est trop tard de serrer les fesses quand on a foiré au lit.

C'est prendre des précautions quand le mal est arrivé, quand il n'est plus temps de l'éviter.

 

388     

fèsse

Ni pus sawè s' assîr qui d' one fèsse.      

T. L. Ne plus pouvoir s'asseoir que d'une fesse.

Se dit de quelqu'un qui dirige une affaire qui périclite ou dont les biens sont fortement hypotéqués.

= Ni pus aler qu' d' one fèsse.

 

389     

fèsse

Èlle a dès fèsses come dès massales di gade.

T. L. Elle a des fesses comme des joues de chèvre. Se dit d'une personne excessivement maigre.

 

390     

feu

FEU

Awè l' feu o cu.

T. L. Avoir le feu au cul.

C'est se  presser,  se dépêcher,  manifester de  l'impa­tience. (i'£

 

391      

feu

N' è veûy qui do feu.

T. L. N'en voir que du feu.

C'est ne pas réaliser qu'on est berné. Ne rien comprendre à quelque chose.

 

392     

féve

FÈVE

Donè on pwès po rawè one féve.

cf. - pwès 754.

 

393     

fiêr

FER

Il a tofêr on fiêr qui clape (èt l' ôte qui n' tint nin).        

T. L. Il a toujours un fer qui brimbale (et l'autre qui ne tient pas).

C'est être valitudinaire et avoir souvent quelques petites incommodités.

Par extension, c'est avoir souvent quelque chose qui empêche une affaire d'aller bien.

Note. — L'expression est une allusion au fer à cheval auquel il manque des clous de fixation et qui fait du bruit chaque fois que le cheval remue le pied, ce qui n'est plus dans la norme des choses. On ajoute parfois : et onk qui n' tint nin ( et un qui ne tient pas).

 

394     

fiêr

On n' èst nin d' fiêr.

T. L. On n'est pas de fer.

Il est des fatigues auxquelles le corps humain ne peut résister, il y a des limites à tout effor

 

395     

fiêr

Toumè (= volè) lès qwate fiêrs è l'aîr.

T. L. Tomber (/ voler) les quatre fers en l'air.

C'est tomber à la renverse, culbuter. C'est parfois aussi être frappé d'étonnement.

 

396     

fiêr

Ça n' vaut nin lès qwate fiêrs d' on tchin.

T. L. Cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien.

Se dit d'une chose qui ne vaut absolument rien.

 

397     

fièsse

FÊTE

On s' veut bin voltî sins s' fè tant d'fièsse.

cf. - veûy voltî 969.

 

398     

fièsse

Ci n' èst nin tos lès djoûs fièsse.

T. L. Ce n'est pas tous les jours fête.

On ne fait pas tous les jours bonne chère. On n'a pas tous les jours le même bonheur, le même avantage.

 

399     

fin

FIN

Pus fin qu' li, c' èst do l' sôye.

T. L. Plus fin que lui c'est de la soie.

Se dit de quelqu'un qui est très perspicace, très rusé.

 

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spots walons / proverbes & expressions en langue wallonne (sûte / suite)

400     

fin

Fin conte fin, gn-a pont d' dobleure.

T. L. (Tissu) fin contre (tissu) fin, il n'y a pas de doublure.

Intelligent contre intelligent, on se vaut.

 

401      

fiyate

CONFIANCE

Gn-a pont d' fiyate à li.

T. L. Il n'y a pas de confiance en lui.

Se dit de quelqu'un dont on ne peut avoir confiance en la parole.

 

402     

flaîrant

PUANT

Li ci qui mougne bon, tchît flaîrant.

cf. - mougni 563.

 

403     

fleûr

FLEUR

Il a co l' fleûr su l' ouy.

T. L. Il a encore la fleur sur l'œil.

Se dit de quelqu'un qui reste guilleret malgré un certain âge avancé.

 

404     

for

FOUR

On pinse mwints côps cûre,  èt l' for toume.

cf. - cure 258.

 

405     

for

Il a d'morè trop longtimps o for.

T. L. Il est resté trop longtemps au four.

Se dit de quelqu'un qui a les cheveux roux.

 

406      

for

C' è-st-on bia for, damadje qu' il a si pau d' gueûye (= damadje qu' on n' lî a pont faît d' gueûye).

T. L. C'est un beau four, dommage qu'il ait si peu de gueule (= dommage qu'on ne lui ait pas fait de gueule).

Se dit à propos d'un vaniteux qui par surcroît n'adresse la parole à personne.

 

407     

forboûre

BOUILLIR

Ële forboût foû d' sès cotes.

cf. - cote 198.

 

408     

forgon

FOURGON   (de four)

Èvoyi l' rauve après l' forgon.

 

409     

fotche

FOURCHE

Ièsse su paus su fotches.

cf. - rauve 777.

cf. - pau 662.

 

410     

foûr

FOIN

Totes lès bièsses ni mougnèt nin do foûre.

cf. - bièsse 77.

 

411      

foûr

I n' crét nin (= I n' crècherè jamaîs) do foûre assèz po stopè l' gueûye dès djins.

T. L. Il ne croît pas (/ Il ne poussera jamais) assez de foin pour boucher la bouche des gens.

Il est difficile de faire taire les mauvaises langues.

 

412     

foûr

Awè do foûre su l' cina.

T. L. Avoir du foin dans le fenil.

C'est avoir des ressources, de la fortune.

 

413     

foûr

Fènè lès wayins d'vant lès foûres.

cf. - wayin 1006.

 

414     

frochi

FROISSER

On lî a frochi s' pani.

T. L. On lui a froissé son panier.

Se dit d'une jeune fille qui n'est plus vierge. Note. — Cette expression m'a été rapportée par de vieux cinaciens qui en trouvent l'origine par le fait qu'autrefois les femmes portaient une espè­ce de jupon bouffant garni de cercles de baleines qu'on appelait : panier.

 

415     

fwace

FORCE

On-èst todi djondu d' après sès fwaces.

T. L. On est toujours touché selon ses forces.

Plus la position est élevée, plus les revers sont grands. S'emploie également en cas de maladie : on est attaqué selon ses forces.

 

416     

galant

GALANT

C' è-st-on galant d' dicauce, il è r'va avou lès violons.

T. L. C'est un amoureux de ducasse, il s'en retourne avec les violons.

C'est un individu en qui on ne peut avoir confiance.

 

417     

galant

Èle candje di galant come di tch'mîje.

T. L. Elle change d'amoureux comme de chemise.

C'est une personne légère, volage, changeante, versatile

 

418     

galant

Ièsse binvenûwe di s' galant.

T. L. Etre bien accueillie de son galant.

Se dit ironiquement d'une ménagère qui est favorisée d'un beau temps quand elle lessive.

 

419     

gade

CHÈVRE

Il èst todi èwou qu' lès gades si sukèt.

T. L. Il est toujours où les chèvres se donnent des coups de tête.

Se dit plaisamment à quelqu'un qui se trouve souvent où il ne devrait pas être ; parfois aussi à quelqu'un qui se trouve souvent où un événement se produit, où il y a des ennuis à avoir.

 

420     

gaye

NOIX

Ièsse li baston aus gayes.

cf. - baston 47.

 

421      

gaye

Awè dès gayes à scafyi.

T. L. Avoir des noix à écaler.

C'est avoir de graves problèmes à résoudre, de sérieu­ses difficultés à surmonter.

 

422     

gaye

Èwou qu' i gn-a dès gayes,  i gn-a rade on baston.

T. L. Où il y a des noix, il y a vite une gaule.

Quand il y a de l'argent ou un intérêt en perspective, il

y a vite des amateurs ; là où il y a des jeunes filles riches ou avenantes, il y a vite des prétendants.

 

423     

gaye

Arindji (one saqwè) come dès gayes su on baston.

T. L. Arranger (quelque chose) comme des noix sur un bâ­ton.

C'est établir un plan, un projet, une combinaison inexécutable.

 

424     

gayète

CAILLETTE

S'on nè l' conureut nin, on l'loumereut : Gayète.

T. L. Si on ne la connaissait pas, on l'appellerait : Gaillette.

Se dit d'une personne sale et dégoûtante.

 

425     

glène

GLANE

Ni tâtoz nin vos glènes.

T. L. Ne tâtez pas vos glanes.

Se dit à quelqu'un pour l'inviter à ne pas lambiner, à agir sans perte de temps inutile.

 

426     

grègne

GRANGE

Is sont parints do costè do l' vîye grègne.

cf. - parint 658.

 

427     

guète

GUÊTRE

Énn' awè plin sès guètes.

T. L. En avoir plein les guêtres.

C'est être fatigué par des efforts successifs. C'est aussi être lassé par les impertinences de quelqu'un.

 

428     

guète

Lèvè l' guète.

T. L. Lever la guêtre.

C'est s'en aller, s'enfuir.

 

429     

gueûye

GUEULE

N'awè qui l' gueûye di bone.

T. L. N'avoir que la gueule de bonne.

Se dit d'une personne qui se vante aisément ou qui promet monts et merveilles sachant bien qu'elle ne pourra s'exécuter.

Se dit aussi de quelqu'un qui a la critique facile, d'un médisant.

 

430     

gueûye

C' è-st-on bia for,  damadje qu' il a si pau d' gueûye.

cf. - for 406.

 

431      

gueûye

Awè trop d' gueûye.

T. L. Avoir trop de gueule.

C'est manquer de discrétion, raconter tout ce que l'on sait de quelqu'un, généralement pour faire du mal.

 

432     

gueûye

Fè alè s' gueûye.

T. L. Faire aller sa gueule. C'est médire, calomnier.

 

433     

gueûye

Awè one mwaîje gueûye.

T. L. Avoir une mauvaise gueule.

Se dit de quelqu'un qui cherche à semer la discorde en médisant ou en calomniant.

 

434     

gueûye

Si lèyi tchîr o l' gueûye.

T. L. Se laisser chier dans la gueule.

C'est supporter toutes les impertinences qui vous sont adressées.

 

435     

gueûye

I n' crét nin do foûre assèz po stopè l' gueûye dès djins.

cf. - foûre 411. ê

 

436     

gueûye

Si foute è l' gueûye do leûp.

cf. - leûp 467.

 

437     

gueûye

Awè one gueûye à trinte-chîs toûrnants.

T. L. Avoir une gueule à trente-six tournants.

Se dit d'une  personne qui  se complaît à  médire,  à calomnier.

 

438     

gueûye

Clôs t' gueûye,  si ti n' vous nin qu' on tchîye didins.

T. L. Ferme ta gueule, si tu ne veux pas qu'on foire dedans.

Se dit pour clore le bec à un médisant à qui on pourrait adresser les plus véhéments reproches. S1

 

439     

gueûye

Fè di s' gueûye èt rin o s' boûse.

T. L. Faire de sa gueule et rien dans la bourse.

Se dit de quelqu'un qui fait étalage de toilette et d'un train de vie que ses moyens financiers ne permettent pas.

 

440     

guîye

QUILLE

Ièsse ricî come on tchin dins on djeû d' guîyes.

T. L. Etre reçu comme un chien dans un jeu de quilles.

C'est être reçu sans considération lorsqu'on arrive mal à  propos.

 

441      

ièbe

HERBE

Alè broyi s' cu su lès-ièbes.

cf. - eu 241.

 

442     

ièbe

Côpè l' ièbe dizos l' pîd.

T. L. Couper l'herbe sous le pied.

C'est supplanter quelqu'un dans une affaire.

 

443     

ièbe

Lès mwaîjès-ièbes créchèt voltî.

cf. - crèche 217.

 

444     

ièsse

ÊTRE

On n' pout nin ièsse èt awè stî.

T. L. On ne peut pas être et avoir été.

Se dit plaisamment à quelqu'un qui regrette de vieillir. On ne peut pas toujours être jeune.

 

445     

ignîre

FUMÉE

I gn-a pont d' ignîre sins feu.

T. L. Il n'y a pas de fumée sans feu.

En général, il ne court point de bruit qui n'ait quelques fondements.

 

446     

îpe

HERSE

On n' saureut fè on bia saut avou one îpe à s' dos.

T. L. On ne saurait faire un beau saut avec une herse à son dos.

La présence d'un importun est toujours désagréable ; les soucis, les tracas sont parfois des obstacles qui empê­chent toute tentative de réalisation.

 

447     

juje

JUGE

On n' sét jamaîs ç' qu' i gn-a o l' panse do juje.

cf. - panse 639.

 

448     

keûse

COUDRE

Èle keûd voltî à l' grosse awîye.

T. L. Elle coud volontiers à la grosse aiguille.

Se dit à propos d'une femme avide de relations sexuel­les.

Note. — grosse awîye = verge.

 

449     

quèwe

QUEUE

Crèche come lès quèwes di vatche,  après têre.

cf. - crèche 218.

 

450     

k(i)chitè

EMBRENER

On n' èst jamaîs kichitè (= d'bèrné) qu' pa do stron.

T. L. On n'est jamais embrené que par un étron.

Signifie qu'on n'est jamais sali que par la boue, par la canaille.

 

451      

k(i)pètrogni

DISPUTER

Si k'pètrogni (= si dispètronè) po dès makes d' atètches.

T. L. Se disputer pour des têtes d'épingles. C'est chercher noise pour des futilités.

 

452      

laîd

LAID

Vif

Il èst laîd (= vîy) assèz po fè on mwârt.